Virus. Un tournant majeur dans notre histoire ?
Dans la situation actuelle d’une pandémie qui dure, nous les humains, semblons assez perdus face aux informations qui déferlent sur nous. Comment nous situer ? Après le « je reste chez moi » consenti sans trop rechigner, le confinement partiel laisse la possibilité du travail dans certains secteurs, la circulation dans certaines conditions, l’ouverture de l’école à certains niveaux, et répond à un besoin économique mais aussi psychologique. Les nombreuses infractions aux décisions gouvernementales montrent une certaine exaspération, mais sans ouvrir le devenir du monde à des solutions alternatives.
Finis, le progrès et l’humanisme ?
D’après l’essayiste Antoine Buéno, par ailleurs conseiller au Sénat, nous aurions à choisir entre la décroissance et la mort (voir le journal Marianne du 29 janvier 2021) :
- Continuer de confiner et de surprotéger revient à accepter une récession économique durable, une décroissance. Atteinte au « progrès ».
- Vivre « normalement » avec le virus consiste à « accepter le risque qu’une fraction de la population meure ». Atteinte à l’ »humanisme » qui veut que la vie est le bien souverain et que tous les humains sont égaux.
Et Buéno de se demander si nous ne sommes pas « à la veille d’un basculement « entre peur sanitaire et consentement au sacrifice ».
Une manière de faire vaciller les « deux piliers » de la civilisation humaniste des Lumières, le progrès et l’humanisme ».
Intelligents. Pour quoi faire?
En dépit de tout le bien que l’on pense des principes des Lumières – et nous les considérons comme ayant sorti notre civilisation occidentale de principes figés qui se croyaient éternels – les lois de la raison considérée par certains comme la nouvelle divinité ont été la cause de dégâts considérables. Mais ils ont aussi libéré la société en permettant à tout un chacun de contribuer à son organisation, en garantissant à l’humain la liberté nécessaire à son épanouissement d’une part, et d’entreprendre la création économique et culturelle, d’autre part.
Il appartient donc à cette même humanité de « raisonner » et d’analyser la situation présente. Et, en toute logique, de dominer la croissance . C’est donc cela l’ « après » de la pandémie !
Le choix n’est pas, alors, entre progrès et humanisme, d’une part et accepter la décroissance ou la mort d’autre part. L’intelligence, pour ne pas dire la raison, permet de remettre les choses à leur juste place. Les choses, mais aussi les humains.
Il est temps de considérer de façon critique le principe du livre de la Genèse au chapitre 1er, « remplissez la terre et soumettez la », « dominez… » Cette vision des choses est rivée à l’époque de la rédaction de ce texte. Et d’ailleurs « dominer » ne signifie pas « exploiter »… Il n’est pas dit que les humains sont au-dessus de la nature, encore moins contre la nature. Ils sont avec elle. Et Dieu garde l’oeil…
Ernest Winstein Février 2021