La PMA et les droits de l’enfant : pas de trou noir parental !

5 juillet 2021 Non

La presse nous informe que l’anonymat des donneurs de spermes et d’ovocytes » serait partiellement levée par le projet de loi dit bioéthique.
L’avancée « révolutionnaire » de la société érigeant l’égalité des citoyens (1789) est, certes susceptible d’évoluer – comme le montre le « non-droit » de vote des femmes devenu beaucoup plus tard (ordonnance du 21 avril 1944) un droit. Lorsque, sous l’angle du droit, on pourrait justifier que le citoyen mineur puisse être privé de connaître l’identité du géniteur – ou de la génitrice – qu’en est-il du citoyen devenu « majeur »?
L’anonymat des donneurs de spermes est, de fait, une non-reconnaissance du géniteur (masculin en l’occurence). Il engendre une interdiction de père pour l’enfant et, par ailleurs, une suppression symbolique du père dans la société, et par les représentants du peuple qui détiennent le pouvoir étatique.
Du point de vue éthique il s’agit d’une violence congénitale faite par la société à l’enfant à naître. Du point du vue du droit, une inégalité de citoyenneté de l’enfant devenu adulte. Un trou noir dans lequel s’engouffre parfois celui (ou celle) qui cherche sans succès…

Nous nous prononçons donc pour la suppression totale de l’anonymat du donneur de sperme et d’ovocyte. Et pour le droit de l’enfant de connaître ses deux géniteurs. Il n’y a pas de droit à l’anonymat parental de l’enfant.
Le comble de l’aberration, dans le contexte actuel, est de vouloir faire naître « un bébé PMA avant le premier tour de la présidentielle » . S’agirait-il d’une nouvelle « valeur » de notre civilisation? Perversité! L’humanité existe parce qu’elle est faite d’hommes et de femmes.

Nous ne dénonçons pas la possibilité « pour un couple de femmes et aux femmes seules » de devenir mère. Mais la femme – ou l’homme – ne sera jamais la/le seul/e génitrice/géniteur de l’enfant. Et l’enfant portera toujours le potentiel génétique des deux géniteurs.

Ernest Winstein
Juin 2021