Virus. Un tournant majeur dans notre histoire?

Dans la situation actuelle d’une pandémie qui dure, les contemporains humains semblent assez perdus quant à leur façon de se situer : après le « je reste chez moi » consenti sans trop rechigner, mais qui ne peut pas s’appliquer dans la durée, le confinement partiel laisse la possibilité du travail dans certains secteurs, la circulation dans certaines conditions, l’ouverture de l’école à certains niveaux, et répond à un besoin économique mais aussi psychologique. Les nombreuses infractions aux décisions gouvernementales montrent une certaine exaspération, mais sans ouvrir le devenir du monde à des solutions alternatives.

Nous aurions à choisir , d’après l’essayiste Antoine Buéno, par ailleurs conseiller au Sénat, entre la décroissance et la mort :

  • Continuer de confiner et de surprotéger revient à accepter une récession économique durable, une décroissance. Atteinte au « progrès ».
  • Vivre « normalement » avec le virus consiste à « accepter le risque qu’une fraction de la population meure ». Atteinte à l’ »humanisme » qui veut que la vie est le bien souverain et que tous les humains sont égaux.

Et Buéno de se demander si nous ne sommes pas « à la veille d’un basculement « entre peur sanitaire et consentement au sacrifice ».

Une manière de faire vaciller les « deux pilliers » de la civilisation humaniste des Lumières, le progrès et l’humanisme ».

En dépit de tout le bien que l’on pense des principes des Lumières – et nous les considérons comme ayant sortie notre civilisation occidentale de principes figés qui se croyaient éternels – les lois de la raison considérée par certains comme la nouvelle divinité, ont été la cause de dégâts considérables. Mais ils ont aussi libéré la conviction que la société peut s’organiser avec la contribution de tout un chacun pour laisser à l’humain une liberté nécessaire à l’épanouissement et à la création économique et culturelle. 

Il appartient donc à cette même capacité humaine de « raisonner » d’analyser la situation présente : et de dominer la croissance . C’est donc cela l’ « après » de la pandémie! 

Le choix n’est pas, alors, entre progrès et humanisme, d’une part et accepter la décroissance ou la mort d’autre part. Mais l’intelligence, pour ne pas dire la raison, de remettre, dans notre façon de voir les choses, les humains à leur place : ils ne sont pas à être au-dessus de la nature, encore moins contre la nature, mais avec elle. 

Et le chrétien dira : à l’écoute de Dieu

février 2021

Ernest Winstein